Moi aussi je me bats. Voici comment je tiens.
La douleur en Sommeil
Pourquoi le loup est-il si efficace ? Pourquoi la méchanceté d’un « couillon » ou d’une « mauvaise mère » peut-elle à ce point nous faire flancher ? Ce n’est pas seulement à cause de l’acte présent. C’est parce que cet acte vient réveiller une douleur qui dort en nous depuis l’enfance. Les loups ne créent pas la faille : ils l’exploitent. Ils appuient exactement là où ça fait déjà mal.
Le Programme de Survie
Il arrive que nous devions nous créer nous-mêmes, faute de repères adéquats durant nos premières années. Mais à force de se construire seul, on finit par ne plus prendre le temps de vivre. On devient un adulte bancal, instable. Très tôt, on a dû apprendre à se protéger, parfois même de ceux qu’on aimait et sur qui on pensait pouvoir compter.
Inévitablement, on se retrouve seul et souvent très mal accompagné. Parce qu’on ne sait pas encore qui l’on est — on n’a même pas le temps pour ça — on passe tout notre temps à forger une armure. Alors on dégage tout, et tout le monde. Même ceux qui tentent de nous aider. On s’isole de la vie et de ses opportunités, jugées trop risquées par notre système de défense.
L’Ombre des Parents
Nos jugements et nos attitudes sont guidés par notre enfance. Enfant, nous avions peur de ne pas être aimés par nos parents, alors nous nous sommes mis à la mesure de leurs attentes et de leurs besoins de l’époque. Aujourd’hui, même si eux ont changé, notre programme de survie, lui, est resté le même.
Pourtant, maman et papa ont été des êtres parfaitement imparfaits avec moi. Et moi aussi, je suis un être parfaitement et plus que quiconque complètement imparfait.
La Trêve
Seule la personne que j’aime, et qui m’aime, me trouve parfaite. Tout comme je le trouve parfait. Nous sommes parfaits au-delà de nos imperfections les plus profondes. Il nous a fallu du temps, énormément d’amour et un désir de rester ensemble pour comprendre que certaines armures dont nous avions hérité — et celles que nous avions nous-mêmes construites — ne nous servaient plus. Elles étaient désuètes, inutiles et pleines de toxicité. Elles causeraient notre perte si nous continuions de les porter.
Cette prise de conscience va bien au-delà de prouver que « les chiens ne font pas des chats ». C’est le moment où l’on décide de ne plus être le jouet de son propre tumulte.
Demain, je me lèverai encore. Sans certaines couches d’armure, un peu plus légère. Bancale, peut-être. Mais consciente et debout.
L’Indication de 03h : La Mise à Jour du Système
Identifier le « Bug » du passé : Prenez conscience que vos réactions explosives ou vos envies de tout détruire ne sont souvent que de vieux réflexes d’enfant qui a peur. Demandez-vous : « Est-ce que c’est l’adulte d’aujourd’hui qui réagit, ou le petit enfant qui cherche à se protéger et à s’affirmer ? »
La perfection dans l’imperfection : Acceptez que vos parents n’aient pas eu toutes les clés. Ils ont surfé sur la vague avec la dureté héritée de leurs propres parents (guerres, champs, mines, violences, absences etc…). En leur pardonnant leur imperfection, vous vous donnez le droit d’être imparfait à votre tour.
Déposer les armes inutiles : Certaines défenses qui vous ont sauvé à 10 ans sont celles qui vous étouffent à l’âge adulte. Faire le tri dans ses mécanismes de défense auto-destructeurs n’est pas une trahison envers soi-même, c’est une libération. On ne peut pas embrasser l’avenir si nos mains sont trop occupées à tenir un bouclier lourd et rouillé.
Choisir son miroir : Entourez-vous de ceux qui voient votre perfection au-delà de vos failles. Le regard de l’être aimé peut être le plus puissant des remèdes pour cicatriser les blessures d’enfance.
Et vous ?
Quelle est cette « pièce d’armure » héritée de votre passé dont vous sentez qu’elle ne vous sert plus aujourd’hui ? Arrivez-vous à regarder vos parents (ou vous-même) comme des êtres « parfaitement imparfaits » ?

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