Le Miroir des Loups (Se voir à travers leurs attaques).

A large wolf standing peacefully among a flock of lambs in a rural enclosure.

Cette heure étrange – Loup y es-tu ? Me vois-tu ? M’entends-tu ?


Le flair

Moi, je te sens. Depuis bien longtemps, je t’entends. Cela fait plusieurs nuits que je m’épuise à te chercher, que je rêve de te débusquer pour mettre enfin un nom sur cette ombre qui rôde autour de ma vie, de mon bonheur. Ce soir, je sens que j’y suis presque et voici comment je tiens.

L’art du camouflage

Mais comment te mettre à jour ? Toi qui te confonds si bien avec mes agneaux. Toi qui te caches parmi eux, utilisant leur laine pour masquer tes crocs. Tapis dans l’ombre, l’échine courbée, tu attends le moment où mes forces m’abandonneront pour m’enserrer enfin.

Sale bête, où te caches-tu ? Comment te trouver sans blesser ceux que tu utilises comme boucliers ? Je reste à l’affût de ton assaut. Je sais qu’à chaque instant il peut arriver. Tu observes ta proie, tu guettes la moindre erreur, un tout petit moment de faiblesse, une larme de trop, un mot de travers. Tu n’es pas dans l’attaque frontale ; tu es dans l’usure.

Le face-à-face

Dis-moi, qui de nous deux tiendra le plus longtemps ? Après tout, n’est-ce pas toi qui as besoin que je te nourrisse ? Et moi, en quoi ai-je besoin de toi, ô Loup ? Tu n’es qu’un parasite de l’âme, un prédateur qui ne vit que par l’énergie qu’il dérobe, et toi, tu appelles cette cruauté de la « survie ».

Je veux simplement que tu quittes ma bergerie. Est-ce trop te demander ? Puisque tu es encore là, tapi malgré mes mots, c’est certainement que cela t’est impossible. Tu es condamné à ton propre cycle : tu ne sais pas faire autre chose que te cacher derrière mes agneaux pour tenter de me dévorer.

La sortie du troupeau

Insatiable Loup, je ne te donnerai pas ma peau. Je sens le signal du départ qui bat dans mes tempes, une vibration qui m’ordonne de m’arracher à toi. Je vais quitter ce troupeau avant que tu ne m’attaques, que tu ne me battes, que tu ne m’attrapes.

Un pas. Puis deux. La pluie qui fouette, le cœur qui cogne. La course devient sprint. Je ne fuis pas, je me libère.

Et le temps que tu t’en rendes compte, je serai déjà loin. Ton odeur malsaine sera restée derrière moi, accrochée aux barbelés du passé devenu songe. Ton image aura disparu de mes pensées. Tu seras ce cauchemar dont on s’extirpe enfin en ouvrant les yeux. Celui qui fait grandir, celui qui pousse à changer de place dans ce monde tout plein de loups et d’agneaux.

Et quand l’aube viendra dissiper l’ombre de ta présence : Je me lèverai. Loin des accrocs, hors de ta portée, sur un terrain qui te sera pleinement inconnu. Sûrement encore un peu bancale, peut-être même vacillante et certainement terriblement essoufflée. Mais debout.

L’Indication de 03h : Les 4 Accords Toltèques

Face au loup qui rôde dans la bergerie, je ne réponds pas par les crocs. J’utilise au quotidien quatre principes Toltèques qui me permettent de rester debout sans m’épuiser dans des combats stériles :

Que ma parole soit impeccable : C’est mon premier engagement envers moi-même. Je refuse d’utiliser mes mots pour médire, propager des ragots ou dire du mal des autres, même de ceux qui m’ont blessée. Salir l’autre par la parole, c’est d’abord se salir soi-même et laisser le poison du loup entrer dans notre propre bouche. En restant juste, en ne me dénigrant pas et en refusant la critique gratuite, je garde une âme propre et je ne donne aucune prise aux conflits inutiles. Ma parole ne sert qu’à construire mon propre château fort, pas à détruire celui des autres.

Quoi qu’il arrive, je n’en fais pas une affaire personnelle : C’est mon armure la plus résistante face aux agressions. Ce que le loup dit, pense ou fait n’est que la projection de son propre monde, de ses propres peurs et de ses propres limites. En comprenant que ses attaques ne sont jamais un reflet de ma valeur réelle, mais une manifestation de son propre désordre intérieur, je deviens immunisée contre son poison. Ce qui vient de l’autre lui appartient ; je refuse d’en porter le poids ou de laisser ses jugements s’infiltrer sous ma peau.

Je ne fais aucune supposition : Je refuse de laisser mon esprit broder des scénarios catastrophes dans le noir. Au lieu d’interpréter les silences, de deviner des intentions cachées ou de torturer mon mental avec des gestes ambigus, je m’en tiens strictement aux faits. Les suppositions sont le terreau de l’anxiété nocturne et les alliées du loup pour me déstabiliser de l’intérieur. En ayant le courage de regarder la réalité telle qu’elle est, sans inventer ce qui n’est pas dit, je libère un espace mental immense pour cultiver ma propre paix.

Je fais toujours de mon mieux : C’est la règle qui apporte la douceur nécessaire à mon combat. Mon « mieux » n’est pas une ligne droite : il fluctue selon mon énergie, ma santé et l’heure de la nuit. Certains jours, mon mieux est de gravir des montagnes ; d’autres jours, à 03h, mon mieux est simplement de respirer, de rester digne et de ne pas sombrer. En acceptant que mon maximum varie, je ferme définitivement la porte à la culpabilité et au regret. Faire de son mieux, c’est s’assurer de se lever le matin et faire en sorte d’avancer doucement mais sûrement vers ses ambitions. Un pas après l’autre.


Et vous ?

Face aux loups qui rôdent, lequel de ces 4 accords est le plus difficile à tenir pour vous ce soir ? Est-ce, par exemple, la parole impeccable ou encore, le fait de ne pas en faire une affaire personnelle ?


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