L’art de débroussailler sa marche (Quand nos pensées cessent de nous prendre les pieds).

Cette nuit, j’ai rêvé d’une chose marquante. Des fils invisibles, des cheveux sombres et emmêlés qui s’enroulaient autour de mes chevilles. Chaque pas était une lutte.


L’avertissement de la nuit

À croire que mon inconscient a dessiné ce que mon conscient refuse encore d’avouer : mes pas ne m’appartiennent plus.

Ces cheveux sombres ne se contentaient pas de m’entraver ; ils prenaient racine dans ma chair, transformant chaque mouvement en une lutte silencieuse, chaque avancée en un déchirement. Au réveil, dans la clarté d’Eysines qui s’éveille, le lien avec ma réalité m’a frappée comme une évidence.

Le poids des racines parasites

Ce rêve, c’est le poids de mes pensées ralentissant ma marche. Ce sont ces pensées limitantes qui agissent comme des ancres alors que je suis faite pour l’envol. Elles me font stagner, ou pire, reculer, là où je voudrais simplement courir. Je tente de les identifier, de les contrecarrer, de leur dire qu’elles mentent… mais elles persistent. Elles ont l’obstination des mauvaises herbes.

Le venin du dehors

Et puis, il y a le monde extérieur. En ce moment, je sens le souffle froid des jalousies mesquines. Je suis devenue la proie de jugements sans fondement, de mots jetés pour blesser. Je me persuade que cela ne m’atteint pas, que ces personnes ne méritent pas la place qu’elles occupent dans mon esprit. Mais la preuve est là, nichée dans mes rêves : à force d’écouter ces voix discordantes, elles finissent par s’implanter en nous. On finit par laisser l’autre écrire notre propre définition. On finit par croire que leur venin est notre sang.

Le choix du dragon

Pourtant, une pensée n’est rien d’autre qu’une pensée. Elle n’a de pouvoir que celui qu’on lui cède. À l’intérieur de nous, deux dragons se font face : celui qui nous rabaisse et nous maintient au sol, et celui qui déploie nos ailes. C’est à nous de choisir lequel nourrir.

Ce que les autres projettent sur moi n’est que le reflet de leur propre système de croyances, de leurs propres manques, de leurs propres peurs. Ce n’est pas ma vérité. Je ne suis pas obligée d’accepter ce « cadeau » empoisonné, ni de porter des chaînes qui ne m’appartiennent pas.

Aujourd’hui, je décide de rompre les liens. Je sors les ciseaux. Je coupe les fils. Je reprends mes pas. Je reprends ma route. On peut avoir les pieds sur terre sans pour autant y être enchaîné par les jugements. Ce soir, je coupe les fils. Demain, je marcherai plus légère.


Rompre les liens ne se fait pas d’un coup de baguette magique, mais par de petits gestes conscients, répétés chaque jour. C’est un entraînement de l’esprit, une discipline de la bienveillance envers soi-même. Voici les trois clés que j’utilise pour ne plus laisser personne — ni moi-même, ni les autres — entraver ma marche

Le tri sélectif à 23h : Quand vous déposez votre masque le soir, imaginez que vous retirez aussi ces cheveux emmêlés. Visualisez chaque remarque désobligeante ou pensée critique comme un fil que vous coupez. Dites-vous : « Ceci appartient à l’autre, ceci ne m’appartient pas. »

L’affirmation « Ancrage » : Le matin, quand vous êtes seul au réveil, tapez des pieds au sol. Sentez le contact dur et réel de la terre. C’est votre socle. Répétez-vous : « Mes pas sont libres, mon chemin m’appartient. » Plus vous renforcez votre ancrage physique, moins le mental pourra vous entraver.

La réponse « Fonction » : Quand quelqu’un tente de vous rabaisser ou de vous réduire à votre utilité, imaginez que sa critique glisse sur votre « armure ». Sa parole ne définit pas qui vous êtes, elle définit seulement son propre système de croyance.


Et vous ?

Quels sont ces « fils » qui s’enroulent parfois autour de vos chevilles ? Est-ce le poids d’une remarque restée en travers de la gorge ou cette petite voix intérieure qui vous dit que vous n’en faites pas assez ?


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